Le roi des cons

Con : langage trivial, substantif masculin et adjectif  (1)

  1. Région du corps féminin où aboutissent l’urètre et la vulve. C’est-à-dire le sexe de la femme !
  2. Personne idiote, bête (en référence au sexe de la femme pris comme symbole de l’impuissance et de la passivité).

Si en 1981 le film Le roi des cons jouait sur ce double sens, c’est plus rarement le cas des personnes qui emploient ce terme. Nous avons tendance à oublier cette référence au sexe féminin.

Le mot « con » vient du latin « cunnus », et il fut célébré de l’antiquité jusqu’au XVIIIème siècle dans nombre de textes grivois. Pourtant il fallût attendre 1977 pour que le Petit Larousse indique le sens de « sexe de la femme » !

De « con », nous ne retenons  en général que l’injure.

Des mots dont nous avons oublié le sens premier et qui sont particulièrement avilissant pour la femme il en existe bon nombre dans la langue française, sans parler des insultes sexistes, tournures de phrase peu flatteuses voire honteuses…

Florence Montreynaud en a recensé un grand nombre dans un ouvrage, certes petit, mais assez complet et qui s’appuie sur une riche bibliographie. Elle dénonce la manière dont notre langage contribue à donner une image dévalorisante de la femme dont celle-ci cherche à s’éloigner depuis des années.

Au-delà de « dénonce ton porc », de l’écriture inclusive, la mise en avant d’une femme forte égale de l’homme doit passer par un changement des mentalités mais également de notre manière de parler. Avec Le roi des cons, Florence Montreynaud (2) vient donc enrichir une question toujours brulante d’actualité.

Le Roi des Cons

Mon avis :

En tant que femme, cet ouvrage m’a évidemment interpellé. J’y ai redécouvert des choses que je savais déjà, j’en ai appris de nouvelles et surtout je me suis interrogée. Moi la première, j’emploie nombre de ces mots et tournures qui dévalorisent cette femme que je suis (et toutes les autres). Je ne changerai probablement pas complètement ma manière de parler, néanmoins j’y ferai plus attention. J’essayerais notamment de me montrer plus imaginative lorsqu’il me faudra trouver des mots peu aimables pour qualifier certaines personnes.

Si j’ai beaucoup aimé cet ouvrage, je lui reprocherai néanmoins de se limiter à un discours féministe (certes annoncé dès le sous-titre « Quand la langue française fait mal aux femmes »). La langue française regorge de tournures, de mots blessants pour nombre de gens tant femme qu’homme. Notre langue offre pléthore de possibilités pour insulter, diminuer que l’on utilise presque instinctivement, sans vraiment penser à mal. Cette banalisation n’est au final pas si anodine qu’on pourrait le penser et ce livre peut être pris comme un encouragement à pousser sa réflexion plus loin !

« Les mots sont bien plus que l’habillage d’une idée, ils sont des outils de la pensée.

… Employer des mots justes contribue à transformer le monde ».

Avertissement :

Il ne s’agit pas d’un roman, il ne peut donc pas se lire comme tel. Plus proche d’une petite encyclopédie thématique, ce livre se picore, on en lit quelques pages par jour pour avoir le temps d’assimiler, de réfléchir.

Florence Montreynaud, Le Roi des Cons, 2018, aux éditions Le Robert.

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(1) Définition du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales. Cnrtl.fr

(2) Historienne, linguiste et écrivaine, féministe engagée et  animée de profondes convictions humanistes et confiante dans la capacité d’un groupe à changer le monde. Vous pouvez en apprendre plus sur elle en cliquant ici.

 

 


2 réflexions sur “Le roi des cons

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