Noël mis en vitrine : les grands magasins parisiens au diapason

Il y a des traces de doigts un peu partout sur les vitrines ; par endroit, la buée crée des halos de lumière éthérée, presque féérique. Les petits comme les grands s’arrêtent, se bousculent, scrutent, une à une, les scénettes ; les yeux s’écarquillent, de petites clameurs se font entendre de-ci, de-là, on chuchote, on commente, sans trop faire de bruits, comme s’il ne fallait pas perturber le spectacle. Pourtant le ramdam de la rue, les passants pressés, le froid aussi, tout semble vouloir détourner l’attention des vitrines des grands magasins. Mais qu’on le veuille ou non, cette profusion de couleurs, de lumières, d’automates, la musique, tout ici attire, envoûte et chante Noël.

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Si l’on doit la première « vitrine de Noël » au Printemps du boulevard Hausmann dès 1865, date de fondation du célèbre magasin, c’est le Bon Marché, la « cathédrale du commerce moderne » (Balzac) qui popularise la tradition à partir de 1909. Le 6 avril de la même année, l’américain Robert Peary triomphe du Pôle Nord ; il est le premier homme à réaliser cet exploit. Pas moins d’une centaine de chiens, d’une vingtaine de traîneaux et des guides esquimaux ont été nécessaires pour venir à bout du point le plus septentrional de la Terre. Le thème est donc tout trouvé : les vitrines seront toutes entières consacrées à la conquête du pôle. Murs de neige, igloos glacés, ours mécaniques et autres Esquimaux animés font le régal des passants. Quelques années plus tard, le Printemps consacrent ses vitrines au « Noël Lorrain ». La mode est lancée. Avec les Trente Glorieuses, elle s’épanouie même, les grandes marques de jouets engageant des partenariats exclusifs avec les grands magasins pour les vitrines. Aujourd’hui encore, elles font partie du noël parisien dès le 1er décembre et constituent une étape incontournable dans la course aux achats…

Il faut bien le dire, les grands magasins rivalisent d’ingéniosité pour attirer les foules. Les amoureux du patrimoine, eux, y trouveront bien leur compte, car indéniablement, l’occasion est trop belle de (re)découvrir ces joyaux d’architecture sous les guirlandes, les sapins et les lumières de Noël.

  • Au Bon Marché rive gauche : Jean Balle emballe les paquets, Jean Cole fixe les étiquettes et Jean Roule se charge des nœuds. Les joyeux lutins du Gang de Noël ont prit leur quartier dans les vitrines de la rue de Sèvres et jouent à qui mieux-mieux dans un décor d’atelier assez sobre. On poussera donc la visite à l’intérieur : dans le grand hall art déco aux colonnes dorées, depuis les balcons du premier étage, on appréciera la perspective des grands escaliers roulants d’Andrée Putman noyés sous une pluie de guirlandes rouges. Puis on filera au dernier étage du magasin compléter sa décoration du sapin.
  • Le BHV : direction le Danemark et les contes d’Anderson rue de Rivoli. Comme un grand livre ouvert, les vitrines évoquent ici un banquet pour la reine des glaces, le lit aux 20 matelas et aux 20 édredons en plumes d’eider de la princesse au petit pois ou encore le traineau du père Noël tiré par des cygnes. Le dernier étage du magasin est également consacré aux décorations de Noël, avec une jolie mise en scène d’inspiration scandinave.
  • Le Printemps : boulevard Haussmann, pas moins de onze vitrines sont consacrées au voyage. Ici, les personnages partent collecter des cadeaux à travers le monde, par tous les moyens possibles : en train, en voiture, en avion, en bateau de croisière et même… en fusée, tout droit sortie de l’univers d’Hergé. Les tableaux sont riches de détails et leur effet « maquette » donne encore plus de perspective, et de vie, à la mise en scène. On s’y envole sans peine au pays des cadeaux… et du luxe.
  • Aux Galeries Lafayette : bonbons, grande roue et manèges, l’ambiance est à la fête – foraine ! Ici, pas d’histoires à proprement parler mais plutôt une succession de scénettes très animées et colorées, comme autant de souvenirs d’enfance. Le clou du spectacle est sans conteste l’immense sapin en bonbons multicolores placé sous la grande verrière de Grüber ; toutes les heures, un son et lumière anime cette boîte à guimauves géante. Jusqu’au 2 janvier 2018, le magasin propose également une immersion en réalité virtuelle dans l’univers de la fête foraine… attachez votre ceinture ! (gratuit, 2e étage ; durée 2 min).

À voir également :

Le retour du sapin de Noël sur le parvis de Notre-Dame de Paris, après une absence remarquée en 2015 et 2016 pour cause d’état d’urgence. Le conifère de 20 mètres de haut, 2,2 tonnes et 35 ans d’âge vient de la forêt domaniale d’Abreschviller, en Moselle.

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