Au temps de la Grande Peste

Cela a été l’une des plus grandes catastrophes de l’histoire médiévale. Venue d’Asie, elle touche le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Europe (1). À la fin des années 1340, la peste noire, ainsi nommée à cause des taches foncées qui couvraient le corps des malades, a décimé au total 1/3 de la population européenne (jusqu’à la moitié selon les endroits) faisant de 20 à 25 millions de victimes(2). En France 7 millions de personnes sur 10 périrent. Il ne s’agit pas de la première épidémie de peste de l’Histoire, mais bien de la plus désastreuse.

Tel est le contexte dans lequel, Andrea H. Japp a choisi de placer son intrigue (3).

malediction de gabrielle .jpg
(c) Arts & Stuffs

Actuellement composée de deux volumes (4), « Le fléau de Dieu » et « À l’ombre du diable », La malédiction de Gabrielle se déroule alors que la peste arrive dans le royaume de France où elle tue sans distinction, jeunes et vieux, innocents et fourbes, miséreux comme riches bourgeois et puissants. La progression de la maladie se découvre au travers de la vision de différents personnages. Parmi eux, notre héroïne,  Gabrielle, jeune mariée de 20 ans, son mari et un mystérieux diptyque qui attire bien des convoitises mais aussi le mauvais sort semble-t-il.

Gabrielle d’Aurillay, jeune noble apparentée à la reine Jeanne de Bourgogne, pensait vivre le grand amour auprès de son prince charmant de mari. Mais elle se retrouve vite désabusée et désespérée. En plus d’être un menteur, un escroc, son cher et tendre se révèle alcoolique et joueur invétéré qui dépense tout leur argent tandis qu’elle, naïve, économise sur les moindres petites choses. Sans parler de son penchant pour les filles de joies … Lorsqu’elle découvre la réalité, Gabrielle décide de tout quitter ne prenant avec quelques que quelques deniers économisés en cachette de son époux et le diptyque que ce dernier a gagné au jeu. Envers et contre tous, survivante à la peste, l’agaçante ingénue va se révéler face aux épreuves et se transformer en une femme déterminée et attachante qui saura prendre sa destinée en main.

Mon avis :

L’histoire est un peu longue à se mettre en place, notamment avec tous les nombreux personnages que l’on suit au début. Sachant qu’ils meurent pour la plupart assez rapidement, en raison de la peste. Le nombre de protagonistes restreint, un rythme assez plaisant s’instaure, l’héroïne et les diverses intrigues qui s’emboitent les unes aux autres tiennent en haleine et l’on a hâte de connaitre la suite de cette histoire qui se développe déjà sur deux tomes, bientôt trois !

Avertissement de lecture :

L’auteure introduit dans son récit nombre de termes d’ancien français (5). Pour ma part, et bien que le moyen-âge soit ma période de prédilection, je ne vois que peu l’intérêt de cet usage qui, a mon sens, rend la lecture malaisée. Ceux qui ne sont pas familiers de ces mots devront sans cesse se reporter aux notes de bas de pages et pourront s’en trouver frustrés.

Andrea Japp, La Malédiction de Gabrielle, Tome 1 & 2 disponible aux Éditions J’ai Lu.

———————————-

Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec les éditions J’ai lu, que je remercie pour la lecture fournie !

——————————–

(1) Les chroniques indiquent que les premiers cas auraient été répertoriés en 1347 au sein de l’armée mongole venue dans un comptoir génois attaquer les marchands locaux. Les Mongols, eux-mêmes très atteints, auraient catapulté des cadavres pour infecter les habitants assiégés. Ensuite, ce sont les rats à bord des galères italiennes qui auraient véhiculé la maladie tout autour du bassin méditerranéen. Sa propagation fut extrêmement rapide. Dès 1348, l’épidémie dépasse le pourtour méditerranéen pour s’étendre à l’intérieur dans les régions continentales

(2) Très contagieuse, la peste emportait les gens en trois jours. La mortalité est telle que les cimetières sont saturés, de grandes fosses communes sont creusées et les cadavres y sont ensevelis, parfois après avoir été brûlés. Il est très difficile de déterminer le nombre exact de victimes, les chiffres présentés ici sont estimatifs. Aujourd’hui, on ne sait toujours pas ce qui a mis fin à cette pandémie.

(3) Cette auteure (scientifique de formation ce qui parait expliquer son souci de précision et d’authenticité) plutôt prolifique enchaîne notamment des séries de polards historiques dont plusieurs sagas médiévales. Vous pouvez la retrouver avec La dame sans terre, Les mystères de Drouon de Brévaux ou encore Les enquêtes de M. Mortagne.

(4) Probablement une trilogie au final.

(5) Variante du français qui se parlait entre les XIVème et XVIème siècles, et qui diffère assez largement de notre français actuel, vous en aurez un bon exemple en vous référant aux textes de François Villon, poète du XVème siècle.


Laissez un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s