Ma Recherche en 180 secondes

Ce texte est la retranscription (plus ou moins exacte) de la communication que j’ai fait pour le concours « Ma Recherche en 180 secondes » organisé lors du Festival d’Histoire de l’Art de Fontainebleau le 3 juin 2017. Le but était de présenter sa recherche dans un temps limité à 3 minutes. 

Par ce mauvais temps, avec l’approche des vacances, n’avez-vous pas envie de voyage ? Auriez-vous une destination en vue ? Pourquoi ne pas partir en Espagne ? Le soleil, la mer, les tapas, et les verre de sangria à 1euro…. (Ah il y a des connaisseurs !)

L’attirance du Sud : pas très original me direz-vous. Certes, mais une valeur sûre ! Dès le Moyen Âge on note des mouvements « importants » vers la péninsule ibérique. Marchands, clercs, chevaliers, se déplacent, mais aussi nombre d’intellectuels et d’artistes convergent vers les centres de pouvoir que sont les cours princières et les grandes villes.

Parmi eux, c’est aux peintres que je m’intéresse ; plus particulièrement à ceux -français, flamands et allemands – venus dans l’ancienne Couronne d’Aragon – aujourd’hui les communautés d’Aragon, de Catalogne, de Valence et de Majorque.

Et oui…on bouge au moyen âge ! Mais dans quel but ? Farniente ? Tourisme ? Que nenni ! C’est toujours une nécessité qui détermine les voyages. Pour les artistes, la motivation première est le travail, la recherche de commandes. A l’époque déjà il était nécessaire de courir le cachet.

La couronne d’Aragon, grâce à la prospérité du commerce dont bénéficie le bassin méditerranéen et à ses souverains, véritables mécènes, va accueillir de nombreux artistes étrangers.

Dans le cadre de mon étude, c’est avec Jean Ier d’Aragon que tout commence. Nous sommes à la fin du XIVème siècle, alors que le gothique international, né en France, devient un phénomène qui touche l’ensemble du monde artistique et s’étend à la péninsule ibérique. Nous poursuivons au siècle suivant avec Alphonse le Magnanime qui était particulière friand de peinture eyckienne. Il avait d’ailleurs envoyé l’un de ses peintres se former à cette manière en Flandre.

Ces deux courants septentrionaux sont les 2 grands axes de ma recherche. Laquelle nécessite de visiter de nombreux musées, et autres monuments (églises, monastères), – les oeuvres de cette époque sont presque exclusivement religieuses. Mais cela n’est que la partie visible de l’iceberg.

Surtout, il me faut passer de nombreuses heures en bibliothèques et dans les archives. Il me faut dresser un inventaire le plus exhaustif possible des sources disponibles, picturales comme manuscrites.  Tel un détective j’épluche les documents, recense, analyse, compare, établie des hypothèses : tout un travail minutieux, laborieux qui se doit d’être très rigoureux.

Manuscrits goulûment grignotés par les vers, qu’il faut tenter de reconstituer, catalan ancien à décrypter, pâtes de mouches et graphisme hermétique à déchiffrer sont mes défis quotidiens. Et la cause de mes premiers cheveux blancs !

Plus retors, le cas de l’artiste sans aucune documentation, qui ne se dévoile qu’au travers de ses œuvres. Est-ce lui qui a voyagé ou seulement certaines de ses œuvres. Qui était-il ?  Faut-il ou non l’inclure dans l’aventure ?

Enfin je cherche à comprendre comment se sont organisés, se sont insérés – ou pas-  les artistes sur place, Les influences, les échanges, les incidences sur les productions, autant de problématiques auxquelles je tente de répondre pour mieux comprendre l’évolution de l’art à la fin du moyen âge en terre ibérique. Pour mener à bien cette tâche, si particulière et passionnante, il me reste de nombreux mois, mais qui au final risquent de me paraitre bien trop courts, comme ces 180 secondes !

Nous avons été 20 participants à ce concours. La compétition était rude et je n’ai pas réussi à tirer mon épingle du jeu. Je reste bonne joueuse et ne manquerai pas de retenter ma chance l’an prochain, cette fois au concours « Ma Thèse en 180 secondes » qui lui est organisé par les universités.

Retrouvez également sur Youtube ma vidéo « Le Festival d’Histoire de l’Art en 180 secondes »

 


Une réflexion sur “Ma Recherche en 180 secondes

Laissez un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s