Hissez HO ! Le musée de la Marine hisse les voiles !

Du 21 au 31 mars dernier, le musée de la Marine de Paris a convié les Parisiens, petits et grands, à une semaine de festivités ludiques avant de fermer ses portes pour cinq ans de travaux. Au programme : ateliers créatifs pour les enfants, chasse au trésor et bataille navale, immersion sous-marine grâce à des casques de réalité augmentée, mais aussi séance de méditation sur chant de baleines, symphonie subaquatique pour les enfants et visites guidées décalées… autant d’activités destinées à découvrir ou à redécouvrir ce (vieux) musée créé en 1748, installé au Louvre, puis transféré au Palais du Trocadéro en 1943.

Le musée, qui dépend du ministère de la Défense au même titre que le musée de l’Armée et le musée de l’Air et de l’Espace, s’est donné pour ambition de renouveler son approche muséographique, jusqu’alors essentiellement consacrée à la marine de guerre et marchande, par une refonte de son identité : de musée national de la Marine, l’ambition est d’en faire un véritable musée consacré à la mer, aux marins, de faire émerger un récit national maritime. Une construction qui se veut en réseau avec les autres musées de la Marine installés à Brest, Rochefort, Port-Louis et Toulon.

Confiée aux soins du cabinet H2O architectes, qui s’est déjà distingué dans les restaurations du Gros Horloge à Rouen et de l’aile gauche du Familistère de Guise, et à l’agence norvégienne SNØHETTA, auteure du Centre International de l’Art Pariétal-Lascaux IV, on doit s’attendre à ce que l’intervention au musée de la Marine soit à la hauteur des attentes. Le muséographe, lui, n’est pas encore connu ; pour ma part, j’espère retrouver dans le futur musée les très belles vitrines exécutées sur la demande de Charles X pour le « musée naval » du Louvre, entre 1827 et 1829, aujourd’hui placées tout au fond de la grande galerie, et qui présentent, dans un savant méli-mélo, les reliques de l’ancien musée, des souvenirs du prince de Joinville, fils de Louis-Philippe et amoureux de la mer, enfin des instruments et des maquettes de la vie à bord.

Les collections du musée sont riches et témoignent de la passion des hommes pour la mer. Avant que les travaux ne commencent, les quelque 850 objets du musée vont être déménagés dans les réserves à Dagny, en Seine-Saint-Denis. Un défit de taille, puisqu’à lui seul, le canot de Napoléon, qui accueille le visiteur à l’entrée de la grande galerie sur 19 mètres de long, nécessite d’abattre un mur pour son déplacement… En attendant son retour à quai, le musée reste actif et des expositions hors-les-murs sont envisagées en collaboration avec, notamment, le musée du Quai Branly-Jacques Chirac, et naturellement, les quatre musées du littoral.

Depuis les vues des ports français du peintre Jean-François Hue (1751-1823) aux plongées sous-marines du capitaine Cousteau (1910-1997), en passant par les grandes explorations maritimes et l’épopée transatlantique, c’est une complète rénovation que s’offre, jusqu’en 2021, le Musée national de la Marine.

Souhaitons donc au musée de la Marine une traversée sous les meilleurs auspices et comme on dit en breton : Beaj vat, hent mat !


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