Jacques Cœur : une histoire, un palais, une postérité.

Jacques Cœur, comment ne pas tomber sous le charme d’un homme ainsi nommé ?

 

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Statue de Jacques Coeur, place Jacques Coeur à Bourges (c) Arts & Stuffs

Né vers 1400 à Bourges. Issu d’un foyer où il semble n’avoir manqué de rien. Très tôt initié à l’art du commerce par son père (1). Jacques Coeur gravit peu à peu les échelons de la société de son temps. Son mariage avec la fille du prévôt des marchands lui ouvrit les portes de la bourgeoisie locale. Maître des monnaies de Bourges, puis de Paris, il devint argentier du roi Charles VII en 1439.
Avant d’obtenir la charge royale il avait également effectué un voyage en Orient. Habile négociant et d’une grande intelligence (2), il comprit tout l’enjeu d’y établir un commerce avec le royaume de France.

De ce commerce et de sa situation privilégiée auprès du roi de France, il tira une immense fortune au point parait-il de devenir l’homme le plus riche du royaume (même plus que le roi).
« À cœur vaillant rien d’impossible ». Jacques Cœur fut la preuve vivante de la devise qu’il s’était choisi.

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Palais Jacques Coeur, détail de la chapelle (c) Arts & Stuffs

Hélas tant d’argent et de succès fait des envieux. Cela causera sa perte.

Dans un magnifique roman historique (3), Jean-Christophe Rufin lui aussi natif de Bourges, nous fait découvrir Jacques Coeur, l’homme, son histoire, celle de ses succès et de sa disgrâce.

De cette gloire reste aujourd’hui sa demeure à Bourges, imposant édifice civil dont il ne reste aujourd’hui plus que les 2/3 du bâtiment d’origine. Des siècles plus tard, Jacques Cœur parvient toujours à montrer son faste comme le soulignent les mots de l’historien Jules Michelet :

« On voit, à la bien regarder, que cette maison montre et qu’elle cache ; pourtant on y croit saisir deux choses opposées, la hardiesse et la défiance du parvenu, l’orgueil du commerce oriental, et en même temps la réserve de l’argentier du roi. Toutefois la hardiesse l’emporte ; ce mystère affiché est comme un défi au passant » (4)

Plus qu’une maison, c’est un palais digne d’un prince que l’argentier du roi s’est fait ériger. La vitrine de sa puissance et d’un temps en pleine évolution : le palais présente du côté de la ville basse un aspect très médiéval, avec de grosses tours de défense, et du côté de la ville haute une façade finement ouvragée et décorée, sorte d’introduction à l’architecture de la Renaissance.
Après plus de cent ans de conflits, la France n’est plus en guerre avec l’Angleterre, ce qui impacta considérablement la production artistique et architecturale comme nous pouvons le voir ici.
L’intérieur, aujourd’hui bien vide, témoigne encore du faste et de l’effervescence de la vie de Jacques Cœur au travers de salles telles que la salle des festins qui servait de salles de réception, qui conserve un riche décor sculpté.

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Palais Jacques Coeur, cheminée de la salle des Festins (c) Arts & Stuffs

Plus surprenantes encore sont les galeries réalisées en bois, véritable audace architecturale, qui évoquent le font des navires que le maître des lieux utilisait pour son commerce.

La chapelle, somptueusement restaurée en 1869, ne manque pas non plus de faire de l’effet sur les visiteurs.

Infos pratiques :
10 bis, rue Jacques Coeur
18000 BOURGES
Ouvert toute l’année (horaires variables selon la saison voir détail ici)
Plein tarif 8 euros / Tarif réduit 6 euros 50

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(1) Il était le fil de Pierre Cœur maître fourreur (c’est-à-dire, grosso modo, qu’il travaillait des fourrures, notamment en en faisant des manteaux) et l’un des marchands de fourrure les plus riches de son temps si ce n’est le plus riche.

(2) Jacques Cœur est parfois présenté dans les écrits anciens comme sans éducation, probablement car il n’était pas allé à l’université. Il n’était pas pour autant illettré car il fréquenta une école de Bourges, ce à quoi s’ajoutait la formation auprès de son père et de nombreuses qualités personnelles.

(3) Jean-Christophe Rufin, Le grand coeur, Gallimard, 2012 ; roman historique, car si l’Histoire est ici romancée, l’auteur a fait énormément de recherche sur le contexte historique, que l’on retrouve en filigrane tout au long de sa narration.

(4) Jules Michelet, Histoire de France, t. V, Paris, 1893.


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