La Stupeur du Monde (1)

Aussi présenté comme un « prodigieux transformateur des choses », Frédéric II de Hohenstaufen, dernier de la dynastie, était déjà de son temps une légende. Empereur des Romains de 1225 à 1250, roi de Germanie, de Sicile et de Jérusalem, il chercha de tous temps à étendre son autorité, se heurtant notamment à la papauté. Grégoire IX l’excommunia à plusieurs reprises.

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Frédéric II de Hohenstaufen et son aigle, enluminure issue du manuscrit De arte venandi cum avibus, bibliothèque vaticane, Pal. lat. 1071 (c) wikimedia commons.

Érudit, homme d’une intelligence rare, Frédéric II considérait déjà au XIIIème siècle que le pouvoir laïc était autonome du pouvoir religieux, allant jusqu’à penser que Dieu avait institué les rois sur Terre avant les ecclésiastiques. Ces derniers étaient donc les vassaux des rois et lui ne devait rien au pape.

Il fut également le protecteur de nombreux savants dont il encourageait les travaux. S’aventurant parfois à faire des expériences lui-même (2).

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C’est dans ce contexte que prend place l’histoire imaginée par Néjib dans la bande-dessinée éponyme : Hannibal Qassim El Battouti, éminent savant arabe, arrive au castel del Monte où l’Empereur a réuni les plus grands érudits de son temps. Dans ses bagages, une exceptionnelle invention : la photographie. Plus exactement les prémices de la photographie…

De simple aplats de couleurs, un dessin épuré, l’auteur parvient à nous transporter au Moyen Âge par sa simple efficacité.
À cela s’ajoutent de solides connaissances historiques. Car si Hannibal Qassim El Battouti est un personnage inventé de toute pièce, ses recherches elles ne le sont pas. Plus précisément, elles reprennent le traité d’optique réalisé par Alhazen, savant du XIème siècle ; homme dont le nom est d’ailleurs mentionné par le personnage de Néjib.
Le contexte dans lequel se développe l’histoire est quant à lui parfaitement respecté. On retrouve l’importance que le souverain accorde aux savants, le château des Pouilles qui abritait cette cour savante, les problèmes de l’empereur avec la papauté…etc. Le lecteur est véritablement transporté à la cour de Frédéric II de Hohenstaufen (3).

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Néjib, Stupor Mundi, folio 40.

Bref, une histoire passionnante sur fond d’Histoire que je vous recommande vivement de lire vous aussi.

———————

(1) Ou « Étonnement du Monde », il s’agit d’une traduction du latin Stupor Mundi.

(2) La plus connue est celle qu’il fit pour savoir quelle était la langue naturelle de l’être humain, cliquez ici pour en apprendre plus.

(3) Florian Besson, historien médiéviste à fait la lecture de Stupor Mundi et a dressé dans un article l’ensemble des éléments faisant écho à l’Histoire. Retrouvez cet article en cliquant ici.


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