Barcelone, infatigable.

Cela va faire trois ans que je me rends régulièrement dans la capitale catalane pour mes études. Trois ans que j’arpente ses rues, sans jamais me lasser. Barcelone a des airs de vacances perpétuelles.

Je l’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie.

La deuxième ville d’Espagne, après Madrid, est surtout l’une des plus anciennes. Si nous ne savons pas exactement quand elle a été fondée (1) – possiblement avant l’arrivée des romains – nous savons qu’ au IIIème siècle avant J.C., Hamilcar Barca (2) y installe un camp militaire, auquel il donne le nom de Bachinona, future Barcelona.

Très tôt la ville tire parti de la mer, ce qui assure sa prospérité. Cela fait évidement nombre d’envieux. Pendant des siècles les invasions barbares ce succèdent, et ce jusqu’au IXème siècle. Par la suite une certaine stabilité s’installe, la Catalogne devient autonome, sa « capitale » une des plus grandes puissances de la Méditerranée,  grâce à sa position privilégiée sur la mer qui favorise son commerce.

Le rattachement au Royaume de Castille, et la découverte des Amériques qui déplace les échanges commerciaux, à la fin du XVème siècle, marquèrent le début d’un déclin qui ne sera contrebalancé que des siècles plus tard avec la Renaixença.

Aujourd’hui encore, Barcelone brille, par son climat, sa gastronomie et bien sûr par sa culture (3). Trop souvent résumée à Gaudi, la casa Batlló, la Sagrada Familia ou encore le parc Güell, à Picasso et à son musée ou encore aux Ramblas, Barcelone est riche d’Histoire et de lieux que les touristes ignorent.

Voici une petite sélection de sites que j’affectionne particulièrement, où vous ne croiserez que peu de français touristes (4).

Les musées :

Le musée Frederic Marès – Collectionneur, Frederic Marès, amassa tout au long de sa vie de nombreux objets : éventails, porte-bouquet, armes et autres objets en tout genre de la vie quotidienne du XIXème et XXème siècle, comme en témoigne les cabinets du collectionneur, mais surtout des sculptures.

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Saint Jean se languit de vous voir au Musée Frédéric Marès – détail d’une crucifixion, XIVème siècle, Barcelone, Musée Frédéric Marès – (c) Arts and Stuffs

Le musée prend place dans l’ancien palais des rois/ comtes de Barcelone, et est avant tout un musée dédié à la sculpture, présentée selon un parcours chronologique. Vous pourrez y découvrir l’un des plus importants ensembles d’œuvres de l’art hispanique. Un régal pour les yeux.

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Musée National d’Art de Catalogne (MNAC) – (c) Arts and Stuffs

Le MNAC Sur les hauteurs de Montjuic, le Musée National d’Art de Catalogne, voit passer nombre de visiteurs … qui se limitent généralement à son perron d’où il y a une belle vue sur la ville. Peu se risquent à y entrer, et ils ont bien tort. Déjà parce que la vue est bien meilleure depuis les terrasses du musée, et aussi parce qu’ils passent à côté des très riches collections du musée. Les deux parties dédiées à l’époque médiévale sont probablement les plus intéressantes (5), car elles soulignent la richesse et la vitalité de la scène artistique catalane, qui n’avait rien à envier à l’Italie ou à la Flandre. Dans la partie gothique pensez à saluer Jaume Huguet.

Les églises :

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Monastère Royal de Sant Cugat – (c) Arts and Stuffs

Quatre édifices religieux emblématiques de l’art roman et gothique catalan. Si les deux premières églises sont de tailles modestes, les deux monastères – situés en extérieur de Barcelone – sont quant à eux plus importants. Non pas seulement parce qu’il s’agit de monastère mais parce qu’il s’agissait de monastères royaux.

Prenez garde de vous renseigner sur les horaires de visite avant de faire le déplacement, pour éviter toute mauvaise surprise.

Autre :

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Bibliothèque de Catalogne – (c) Arts & Stuffs

La bibliothèque de Catalogne – Elle prend place dans l’ancien hôpital associé à la cathédrale. Il s’agit d’un ensemble architectural qui se compose de magnifiques bâtiments gothiques organisés en forme de U avec, au centre, un élégant patio à colonnades. C’est le lieu idéal pour venir se reposer à l’ombre des orangers.

On prendra toutes fois garde à la faune qui l’envahit le soir venu.

La Colonia Güell –  Il s’agit d’une petite ville industrielle de la fin du XIXème siècle, situé au sud-ouest de Barcelone, réalisée à l’initiative d’Eusebi Güell – le même que celui du parc Guëll – qui y avait déplacé sa fabrique de textile. Il s’agissait de construire une colonie industrielle avec des services améliorant la qualité de vie des ouvriers. Antoni Gaudí fut en charge du projet et réalisa notamment l’église dont seule la crypte fut achevée. Aujourd’hui la fabrique ne marche plus, mais reste une vingtaine d’édifices singuliers témoins de l’expérimentation architecturale de ce temps.

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Colonia Güell – crypte réalisée par A. Gaudi – (c) Arts and Stuffs

À la sortie de la Colonia vous trouverez également le château de Torre Salvana, ancienne résidence des comtes de Barcelone (6).

La Torre Barró  – Au nord de la ville, se dresse le château de la Torre Barró. Le château en lui-même n’offre pas grand-chose à voir puisqu’il ne fut jamais achevé, en revanche autour a été aménagé une agréable promenade avec plusieurs miradors sur la ville !

J’avais eu la bonne idée d’aller y faire un tour par mauvais temps … autant dire que la vue était inoubliable comme en témoigne ma vidéo !

Et vous quel sont vos coins préférés pour échapper aux touristes ?

E.E.

(1) Une légende voudrait qu’Hercule ait fondé la ville de Barcelone, je vous renvoie ici vers un article complet.

(2) Le père du non moins célèbre Hannibal, le général et homme d’état carthaginois (), pas le tueur en série créé par Thomas Harris dans le Dragon Rouge en 1981.

(3) Certains diront également qu’elle brille par son équipe de foot. Mais je n’aime pas le foot, alors je ne le dirai pas…

(4) Le grand « drame » de la Catalogne est que sa proximité avec la France, fait qu’il y a beaucoup de français – notamment en période de vacances scolaire – le dépaysement n’est pas toujours au RV de ce fait.

(5) La partie dédiée à l’art moderne, bien que possédant des œuvres tout aussi intéressantes, a le défaut de présenter un parcours thématique qui est moins aisé à suivre.

(6) Aujourd’hui c’est aussi, soi-disant, le lieu le plus hanté de Catalogne. Non pas qu’il s’y soit passé un quelconque drame, un des propriétaires aurait simplement eut le bon goût d’y ouvrir une porte de l’enfer.


4 réflexions sur “Barcelone, infatigable.

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