Un été à Paris – 2016

Choix ou une contrainte  : Vous ne quittez pas la capitale cet été !  Rassurez-vous il y aura largement de quoi  vous occuper à Paris aux  mois de juillet et d’août, quels que soient vos goûts.

Comme chaque année  vous pourrez vous faire dorer sur les transats de Paris plage (si tant est que le soleil daigne enfin être au rendez-vous) et flâner sur la voie  Georges-Pompidou du côté du tunnel des Tuileries  pour profiter des œuvres et activités du  musée du Louvre sur le thème du Nil ; aller aux séances de cinéma en plein air à la Villette ;  vous déhancher lors de multiples festivals ; en prime vous pourrez admirer le clair de lune depuis certains des parcs de la capitale.

Paris tout au long de l’année,  et comme toujours, est un bouillonnement de culture– il y a tant de musées et de monuments que je ne saurais tous les citer (1) – si bien que le plus difficile n’est pas de savoir ce qu’il y a faire, mais que choisir.  Je vous propose une petite  sélection à partir de  5 musées et monuments.

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Les monuments aux morts de la Grande Guerre  – au Panthéon

Le Panthéon et les monuments aux morts de la Grande Guerre   – A  l’occasion de la mission du centenaire 14-18 (2) et des 100 ans de la bataille de Verdun,  le centre des monuments nationaux-CMN présente au Panthéon une exposition à partir du premier recensement photographique des monuments aux morts en France. Je vous vois venir. Présenté ainsi, vous me direz que cela ne vous fait pas rêver. Ce à quoi je vous répondrai : n’allez pas au Panthéon pour voir cette exposition. Mais allez au Panthéon et profitez-en pour voir cette exposition. C’est  l’occasion de prendre conscience de l’histoire de la France par un biais différent. Les monuments aux morts sont présents partout à coté de nous, chaque commune de l’hexagone possède le sien parfois même plusieurs – il y a plus de monuments aux morts que de communes – et pourtant nous n’y prêtons que peu  d’attention (sauf peut-être pour les célébrations du 11 novembre). En plus de raconter une histoire, ils répondent à des critères particuliers, leurs emplacements, leurs dimensions et leurs ornementations sont très variés toutefois des motifs récurrents se retrouvent. Que leur esthétique vous touche ou non il s’agit bien d’une catégorie d’œuvre d’art. Si vous n’êtes toujours pas convaincu ce sera l’occasion de découvrir ou redécouvrir le Panthéon, ce monument de style néo-classique lui-même dédié à la mémoire de la nation,  puisque qu’il honore le souvenir de grandes figures historiques – parmi lesquelles quatre  femmes seulement – dont il  abrite  les corps (à quelques exception près) dans  sa crypte. Si cela ne suffit pas à motiver votre intérêt sachez également que les parties hautes  du Panthéon sont à nouveau ouvertes au public offrant une superbe vue à 360° sur Paris.

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Médaillon (détail) scène galante, style de Limoges XIXème siècle.

Le musée de Cluny et Les émaux de Limoges à décor profane Le musée possède le talent de présenter des expositions dont le sujet  est souvent méconnu. Personnellement,  au delà de  la qualité de ces expositions, c’est l’un des points qui attise ma curiosité et me séduit.  Pour rappel et   grosso modo  les émaux sont la résultante d’une technique, connu depuis l’Antiquité,  qui utilise le feu pour fixer une matière vitreuse sur un support métallique. Les émaux  de Limoge à l’époque médiévale, sont des surfaces métalliques creusées d’alvéoles où l’on déposait  de la poudre de verre humide mélangée avec certains oxydes pour obtenir de superbes coloris, les cuissons successives portées à de très hautes températures fixaient la poudre et les couleurs, qui faisaient ensuite l’objet de ponçages successifs,  le support (cuivre, argent…) pour sa partie visible est ciselé et recouvert d’un mélange d’or et de mercure, donnant à l’ensemble un intense et  bel éclat. A  une époque – le Moyen Âge puisque Cluny est son musée – où le religieux domine tout, il est intéressant de voir qu’il existait aussi une production profane très prisée.  Vous me direz à présent : mais pourquoi irions nous voir des émaux ? En quoi cela peut-il bien nous intéresser ? Allez-y, allez-y  : le charme va opérer. Il s’agit d’une quarantaine de pièces, majoritairement des médaillons aux bleus sublimes, réunies autour d’un coffre fameux au décor sophistiqué, prêt du  Palazzo Madama de Turin.  Chercher bien la pièce de l’expo, pas très grande elle est située tout près de  la « Dame à la Licorne » dont vous pourrez encore et encore tenter de trouver le sens de la mystérieuse inscription/ 6ème tapisserie:« Mon seul désir ».  De plus là encore, l’exposition sert de prétexte à visiter le lieu, et ensuite vous pourrez aller faire une  ballade côté  montagne Sainte Geneviève.  Vous voulez que je vous dise  :  Cluny est un écrin et ses expos des bijoux.

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Charles Gleyrre, la danse des bacchantes, 1849.

Le musée d’Orsay et Charles Gleyre le romantique repentiJe fais ici volontairement le choix de mettre en lumière cette exposition et non celle dédiée au Douanier Rousseau. D’une part car cette dernière ferme courant de l’été mais surtout parce que Charles Gleyre est un artiste bien moins connu et qui pourtant mérite que l’on s’y attarde un moment. Cela dit, rassurez-vous une fois dans le musée vous aurez accès aux deux expositions, elles ne s’excluent donc pas. Pour en revenir à notre sujet , Charles Gleyre :  ce dernier était un contemporain d’Ingres et de Delacroix, pas moins talentueux il est pourtant longtemps resté dans l’ombre, peut être aussi parce qu’il eut des élèves aux personnalités marquantes, comme Renoir, Sisley  et même ponctuellement Claude Monet. La perfection lisse de ses œuvres et les sujets majoritairement mythologiques le situent en marge des artistes de son temps, le purisme de sa manière et une certaine mélancolie de sa vision en font certainement un peintre différent. Le musée d’Orsay est le premier a consacré un tel évènement monographique à l’artiste  suisse. Peintre mais également voyageur, il fut l’un des rares de son temps à voyager jusqu’au Soudan comme en témoigne les premières pièces de l’exposition.

Le musée d’Art Moderne de Paris avec Paula Modersohn-Bercker et Albert MarquetCes  expositions se consacrent à deux artistes relativement peu connus du grand public.

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Paula Modershon-Becker, portrait de jeune fille, début XXème siècle.

La première présente Paula Modersohn-Becker  qui compte parmi les précurseurs du mouvement expressionniste allemand ;  méconnue en France, elle est une figure majeure de l’art moderne. En  seulement une décennie  cette artiste (elle morte jeune à 31 ans) a produit une quantité importante d’œuvres, dont les thèmes restent des standards de l’époque (autoportraits, mère et enfants, paysages…), mais dont l’audace et l’esthétique très personnelle sont novatrices.  Ses représentations de la femme, de la mère avec son enfant notamment dégagent une sensibilité très prenante. Entre Modigliani et Gaugin, les grands maîtres, je lui ai trouvé une vraie place ! Vous aussi sans doute.

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Albert Marquet, vue du port du Havre, vers 1911.

De Marquet,  grand ami de Matisse  dont il est resté dans l’ombre, on retient ses marines, et  en général  la fantaisie et le calme apaisant de ses œuvres, la délicatesse de l’atmosphère qui s’en dégage et l’omniprésence de l’eau dans ses réalisations. Une certaine simplification des formes, une palette aux tonalités douces : moi je suis fan !  Allez voir cette  rétrospective et faite une belle ballade  au bord de l’eau (et sur l’eau) déclinée en des milliers de nuances.

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Edouard Moyse, autoportrait, 1853

Le musée du judaïsme et Edouard Moyse – Curieuse, je suis curieuse donc je vais aller découvrir Edouard Moyse. Artiste  lorrain, néo-classique oublié, il est présenté comme LE maître incontesté du genre israélite au XIXe siècle. Les articles parlent plus de son engagement, de son humanisme que vraiment de son art si ce n’est pour une évocation rapide à Poussin ou pour signaler une magnifique série de  pastels . Alors oui je vais aller voir cette exposition, organisée par le musée d’art et d’histoire du Judaïsme et le musée des Beaux-Arts de Nancy.  Je vous y rencontrerai peut-être ?

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(1) Ils ont été listé sur Wikipedia, si vous avez 10 min a tuer vous pouvez les compter ici.

(2)La mission du centenaire a pour but de commémorer ce passage de l’histoire mais de faire participer le public à cette commémoration au travers de différentes manifestations, pour en savoir plus rendez-vous sur le site de la mission du centenaire . De ce fait jusqu’en 2018 vous risquez d’entendre encore parler d’un certain nombre d’évènements sur le sujet.

 


Une réflexion sur “Un été à Paris – 2016

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