Carambolages, gare à l’accident !

Dès son ouverture Carambolages a fait le buzz sur les réseaux sociaux. Les médias s’en sont donnés à cœur joie. Il y a ceux qui crient au génie et ceux qui hurlent à l’aberration. Pas de demie mesure. On aime ou on déteste. Le constat est le même parmi mon entourage.

C’est un principe inédit pour la France que l’on découvre avec cette exposition. 184 objets et œuvres d’art juxtaposés, toutes époques et provenances confondues. Cela se veut original. Un véritable cheminement dans l’art universel, un réel voyage artistique, un lieu où chacun peut se faire sa propre histoire de l’art. Cela détonne, dérange même. A tel point que plusieurs directeurs de musées ont refusé des prêts… les méchants.

Après l’art contemporain provocateur voici l’exposition provocatrice (dont le commissaire est le directeur du musée d’art contemporain de la ville de Paris AKA Jean-Hubert Martin ). La couleur est annoncée dès l’entrée du musée où la tête d’affiche de l’évènement nous tire la langue.

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Anonyme flamand, détail d’un diptyque satirique, 1520-1530.
Un cartel monumental, unique, à l’entrée de l’exposition avec les règles du jeu. L’exposition “Carambolages” sollicite votre regard, votre imagination et vos interprétations pour une découverte ludique et sensible. Les artistes sont mus par une pensée visuelle et puisent leurs références dans l’art universel. Ils privilégient souvent les œuvres atypiques et aiment la surprise. Comme ici, leurs choix ne suivent pas les logiques et les catégories de l’histoire de l’art. La présentation des œuvres s’ordonne dans une séquence continue où chaque création dépend de la précédente et annonce la suivante.

Pas d’autres explications. Néanmoins, sur le côté un indice pour comprendre l’exposition : une plaque de collages réalisés par Aby Warburg – historien de l’art qui travailla sur l’iconographie sur la base d’analogies faites entre les œuvres. La clé de l’exposition se trouve dans les analogies imaginées par les organisateurs, mais aussi dans celles que le spectateur décide de voir.

J’avouerai pour ma part avoir eu beaucoup de mal avec ce concept. La plupart du temps je n’ai pas compris les analogies ou les ai trouvées d’une trop grande évidence. L’exposition m’est apparue comme simpliste. Toutes les sociétés, à toutes les époques ont représenté des crânes, est-ce suffisant pour les juxtaposer ? Oui Rembrandt a représenté un homme déféquant, son dessin mérite-t-il pour autant d’être présenté à côté d’un étron en plastique ? Le cher homme doit se retourner dans sa tombe à moins qu’il ne s’étrangle de rire… Peut-être le peintre a-t-il un esprit plus ouvert que le mien !

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En prime vous aussi vous pouvez faire vos propres associations d’oeuvres.
Sans doute faut-il mettre de côté une partie de son « formatage » universitaire, culturel, émotionnel. Le principe même de l’exposition pourrait ne pas être remis en cause mais les modalités de réalisation laissent un sentiment de frustration. Plutôt qu’une nouvelle approche de l’art ces analogies semblent être avant tout un prétexte sans réelle visée artistique, une simple juxtaposition.

En conclusion. Je n’ai pas aimé Carambolages. Insolite, éclectique, anachronique : certainement. Toutefois cela n’a pas déclenché d’émotion chez moi. Mais peut-être que vous, vous aimerez.

Elodie, du blog Ô mon château, par exemple semble avoir réussi à comprendre le message caché de l’exposition. Parvenant à replacer les objets entre eux, elle a su voir un fil logique au milieu de tout ce bric à brac. Ce qui l’a le plus séduite est que l’exposition sollicite le visiteur.

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Nicola van Houbraken, autoportrait, vers 1770.

Carambolages au Grand Palais jusqu’au 4 juillet 2016.

E.E.


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