Quand Budapest s’exporte à Paris

Lorsqu’un musée se voit contraint de fermer ses portes pour entamer d’importants travaux de rénovation, une question se pose : que faire des œuvres ? Se présentent alors deux options. La première consiste à les remiser en attendant la réouverture, peu folichon. C’est plus ou moins ce qui se passe actuellement avec le Musée National de Stockholm, qui abrite l’une des plus riches – si ce n’est la plus riche – collections d’œuvres d’art de Scandinavie, qui est fermé depuis plus d’un an. La deuxième possibilité quant à elle propose des expositions itinérantes. C’est ce qu’a choisi de faire le musée des Beaux-Arts de Budapest !

Ce musée est l’un des plus riches de Hongrie, voire d’Europe centrale. Les collections se formèrent à partir du XIXème siècle dans une volonté d’imposer Budapest comme capitale culturelle et artistique. Grâce à cette vaste campagne d’acquisitions, mais aussi aux nombreux dons d’amateurs éclairés, l’Etat réussit à constituer un fond suffisamment conséquent pour en 1896 décider de l’édification du bâtiment qui abrite désormais le musée. Il eut été dommage de laisser dormantes les œuvres de cette remarquable collection pendant les travaux.

C’est au musée du Luxembourg que vous pourrez découvrir – ou redécouvrir peut-être pour certains – quelques une des plus belles pièces de l’art occidental. Ne vous attendez évidemment pas à une exposition thématique. Comme moi, vous aviez peut-être d’abord imaginé une exposition dédiée à l’art hongrois. Que nenni. Il n’est pas pour autant absent, et heureusement ! Entre Dürer, Cranach, ou encore Greco et Goya, une dizaine d’œuvres hongroises s’exposent.

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Comme dans un musée, le parcours s’aligne sur les grands chapitres de l’histoire de l’art, cinq au total en commençant par le Moyen Âge et se déroulant jusqu’à l’époque contemporaine. Un sixième volet, central, se dédie non pas à une période mais à un genre, celui du portrait. Au total 80 œuvres. Les contenus ne sont pas toujours égaux : la Renaissance germanique et le siècle d’Or néerlandais présentent plus d’œuvres, reflet du goût des dirigeants qui firent ces acquisitions.

Cette exposition, bien que peut être atypique puisqu’elle ne suit pas une thématique précise, m’a séduite. Elle donne le sentiment de découvrir un nouveau musée. Un véritable voyage dans l’art européen.  Plutôt qu’un long discours, voici quelques photos prises lors de ma visite, s’il fallait encore vous convaincre d’y aller.

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Artiste hongrois, sainte Dorothée, XVème siècle.
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Albrecht Dürer, portrait d’un jeune homme, 1500-1510.
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Le Greco, annonciation, vers 1600.
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Päl Szinyei, l’Alouette, 1882.

Les chefs d’oeuvre de Budapest au Musée du Luxembourg jusqu’au 10 juillet 2016.

E.E.


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