MADRID, la ciudad que nunca duerme.

Madrid, la ville qui ne dort jamais. Peu importe l’heure il y aura toujours quelque chose d’ouvert, des personnes dans la rue. Il est fréquent de ne sortir pour diner et retrouver des amis que vers 22h, 23h, et de terminer la soirée au petit matin autour de churros et d’un chocolat chaud.

Mais mis à part la fête, la capitale espagnole est aussi un lieu de culture.

Madrid n’a commencé à prendre de l’importance qu’à la fin du XVIème siècle, lorsque le roi Philippe II décide d’y fixer la cour (auparavant la cour était itinérante et il n’y avait pas de capitale fixe – par la suite la capitale va encore parfois changer cf. 1601-1606 où Philippe II s’installe à Valladolid, mais Madrid conserve une position importante.) La plaza de la villa, située près de la plaza Mayor, est la plus ancienne place de la ville et possède des maisons datant de cette époque. C’est aussi sur cette place que se situe l’ancien hôtel de ville, casa de la villa (dans toute l’Espagne, l’hôtel de ville / ayutamiento se trouve sur la placa de villa – à Madrid il se situe désormais placa de la cibeles dans l’ancien bâtiment des postes car le gouvernement souhaitait un édifice plus imposant pour représenter la capitale). À titre anecdotique, la maison située juste en face possède une tour c’est là que notre cher François Ier (non pas le président) fut emprisonné pendant un an suite à la bataille de Pavie en 1525.

Située à tout juste quelques rues, se trouve la plaza mayor qui fut construite par un certain Juan Gómez de Mora, qui avait aussi réalisé la villa mayor de Madrid. En son centre, une statue équestre de Philippe III, premier roi d’Espagne né à Madrid. Rien de plus typique que de déguster un délicieux bacadillo de calamares (1- sandwich de beignets de calamar) assis au milieu de cette place.

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Madrid, plaza Mayor, statue équestre de Philippe III
L’urbanisme madrilain prend un tournant au XVIIIème siècle lorsque les Bourbons reprennent le trône d’Espagne. Philippe V, petit fils de Louis XIV, devient roi d’Espagne (les français sont partout !!!). Pour comprendre cette réforme urbanistique il faut avoir conscience qu’avant Philippe V, c’est la maison d’Autriche qui règne en Espagne. Les goûts autrichiens ne sont pas ceux des français. C’est à Philippe V que l’on doit l’actuel palais royal. Si vous le visitez ne vous étonnez donc pas de voir de flagrantes similitudes avec l’architecture française dont Versailles. La transformation est plus effective encore avec son successeur Charles III qui est à l’origine de la réforme du paseo del Prado et de la construction du musée du Prado !

AH ! Le Prado ! À lui seul, il justifie de se rendre à Madrid. Ses collections, extrêmement riches, renferment tout naturellement la plus grande collection d’œuvres espagnoles. Parmi celles-ci, de nombreux Velázquez, dont les portraits royaux puisqu’il fut le peintre officiel de Philippe IV. Vous pourrez noter avec amusement que les différents membres de la famille royale sont moches disgracieux et se ressemblent tous à un point qui est dérangeant. Cela s’explique par la consanguinité de la branche autrichienne alors régnante (George R.R. Martin et les Lannisters n’ont rien inventé #ouijesuisfandeGoT).

Le paseo del Prado mène aussi à de nombreux autres musées dont le musée Thyssen, le musée de la Reine Sophie où vous pourrez notamment observer Guernica (2), ou encore dans le sens inverse, au musée d’archéologie de la ville qui est attenant à la bibliothèque nationale.

Enfin pour conclure une journée richement remplie, je vous propose de terminer dans le quartier de masalaña. Dans ce quartier vous pourrez voir la placa del 2 de mayo où les espagnols affrontèrent les troupes napoléoniennes (3 – ne dites pas trop fort que vous êtes français, dans le quartier des fois qu’il subsiste quelques vieilles rancunes envers nous …). Mais masalaña c’est surtout LE lieu de la movida madrileña. La movida c’est un mouvement culturel qui s’empare de toute l’Espagne lorsque la dictature de Franco prend fin, suite à sa mort, au début des années 80. Masalaña devient à ce moment une place de rencontres, de sorties, de débauche des jeunes de la ville qui venaient y compenser les années d’oppression. C’est aujourd’hui encore un quartier très animé où se retrouvent les madrilènes pour faire la fête. L’un des lieux emblématiques de la movida est le bar la via lactea, toujours en activité, où venait notamment le réalisateur Pedro Almodóvar, qui y tourna une partie de ses premiers films.

Après une longue nuit de turpitudes, il ne vous restera plus qu’à trouver des churros con chocolate (4) avant de rentrer vous coucher.

E.E.

N.B : Il existe bien sûr nombre d’autres choses à voir à Madrid, qui n’ont pas été ici mentionnées cf. Puerta del sol, parc du Buen Retiro … Pour une vision plus exaustive je vous invite à vous rendre sur place avec un bon guide à la main ! 😉

(1) Les meilleurs calamars de Madrid : Bar Postas, calle de postas, Madrid (première à gauche avant la placa mayor, lorsque vous arrivez depuis la calle mayor.

(2) Pablo Picasso, Guernica, 1937. Madrid, Musée de la Reine Sophie.

(3) 1808, guerre d’indépendance : les espagnoles descendent dans les rues combattre les troupes de Joseph Napoléon qui prend possession de la ville jusqu’en 1813.

(4) Les meilleurs churros de Madrid : San Gines, pasadizo de san gines, Madrid (à quelques pas de placa mayor et de la puertas del sol).

 


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