ART-GENT, quand se faire du blé devient un art

Artiste : celui, celle qui cultive un art, qui pratique un des beaux-arts. Par beaux-arts il faut comprendre un ensemble de disciplines, dites artistiques, dont la peinture, la sculpture, l’architecture, la musique, la poésie, le théâtre ainsi que la danse.

Richard Prince. Artiste.

Depuis quelques temps cela fait scandale. Les médias sont ravis. Richard Prince, un artiste peintre et photographe américain, a exposé, et vendu, à la galerie Gagosian de New York, une quarantaine de portraits. Ces clichés, récupérés sur Instagram, ont été imprimés et légendés sans demander le consentement de leur auteur. Apparemment, peu fier de son exploit, R. Prince avait réservé « son » exposition à un petit comité de V.I.P. (Very (un)Interesting People).

Vue de l’installation de Richard Prince : Nouveaux Portraits, 19 sept. – 25 oct. 2014.Gagosian Gallery, New York. © Richard Prince. Photography by Robert McKeever

SERIEUSEMENT. Plus de 90.000 euros pour une capture d’écran et une impression… Je vous fais la même à moitié prix. Parce que c’est vous.

L’affaire éclate il y a peu, suite à la vente d’une photo prise par la créatrice de cosmétique Doe Deere à la Frieze Art Fair de New York. La photographe signale sur Instagram que son avis ne lui avait jamais été demandé mais a cependant décidé de ne pas porter plainte. Peinte perdue. La loi américaine donne raison à Richard Prince. Cela avait déjà été le cas lors du démêlé avec le photographe français Patrick Cariou en 2013. Sur les milliers qui ont été déboursés pour la photo, Doe Deere n’a bien sûr rien touché.

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Capture d’écran de l’Instagram de Doe Deere

Je crois que je me dois de poster ceci, puisque tout le monde m’en parle. Oui, mon portrait est actuellement exposé à la galerie Frieze de NYC. Oui, c’est juste une capture d’écran (et pas une peinture). Non, je n’ai pas donné mon autorisation et oui, l’artiste controversé Richard Prince l’a exposé de toute façon. Il a déjà été vendu (90.000 dollars d’après ce qu’on m’a dit) pendant la vente privée. Non, je ne vais pas le poursuivre. Et non, je n’ai aucune idée de qui l’a acheté!

           Le seul art que Richard Prince semble cultiver est en fait celui de l’usurpation, puisqu’il ne s’agit pas de son seul « haut fait ». La galerie Gargosian l’indique d’ailleurs dans sa biographie : il redéfinit les concepts de droits d’auteurs et de droits de propriété. C’est poétique.

Le site ArtNet écrivait « ces reproductions n’ont aucune raison d’exister, si ce n’est de rapporter de l’argent à Prince ». Je conclue en le paraphrasant : Richard Prince « sucks » et j’ajoute que la loi « fair-use » (1) aussi.

E.E.

 

(1) Loi en vigueur aux U.S.A. qui permet des exceptions au droit d’auteur et autorise la reproduction à des fins pédagogiques, de critique ou encore, de commentaire. Si Richard Prince est ici dans son bon droit c’est qu’effectivement en dessous de chaque cliché il a pris soin de laisser un commentaire, le plus souvent assez obscur.

 


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